Aujourd’hui ne sera pas comme hier et peut-être pas comme demain

Dernier week-end avant la reprise des hostilités. Ceux qui jouent les prolongations profiteront encore du beau-temps annoncé, mais en contrepartie vont probablement se coltiner les bouchons du retour sur l’autoroute. On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Je ne fais pas un article larmoyant, je garde les mouchoirs pour plus tard. Se remettre dans le bain n’est jamais évident, d’où qu’on vienne. C’est surtout une question d’habitude, après on y pense plus.

Une semaine après avoir déposé (pour un moment) mes valises, je ne parviens pas à me ré-accoutumer de l’ambiance urbaine. Je vous dirais que c’est devenu coutumier chez moi, je vous prendrais de court si je vous disais que je suis citadin épanoui, mais ce qui m’étonne cette année c’est que je ne suis plus le seul. J’ai ainsi remarqué une tendance sociale et comportementale qui mérite d’être posée :

  • plus on parvient à esquiver régulièrement la région parisienne pour s’évader à la campagne, plus on développe une extradordinaire compétence à inventer des excuses pour y retourner au plus vite.
  • revenir dans sa ville-dortoir et se demander pourquoi on est revenu c’est un signe qui ne trompe pas. Ta ville, tu la déteste et tu la quitte.
  • se faire aborder par des gens louches dans la rue qui vous demandent 20 centimes, 1€ ou un lieu particulier, c’est bon j’ai donné, je sais pas si ça vous arrive aussi qu’on vous prenne pour la Société Générale ou Google Maps, mais c’est devenu difficile d’aller quelque part sans tomber au moins une fois sur un tocard qui vous aggripe alors que vous filez droit devant le plus discrètement possible.

Est-ce qu’il y a quelque chose qui cloche chez moi ? Je ne sais pas, du moins pas partout, pas tout le temps.

Ce qui m’intrigue c’est que contrairement à certains, je n’exporte pas mon mindset de parisien à la campagne, en clair je n’amène ce masque social dans mes valises, mais je fais l’inverse j’en prends désormais conscience, donc forcément ici ça ne fonctionne pas, les gens ne comprennent pas, vous dévisagent, vous jugent ou vous méprisent, trouvant qu’en fait, poster un selfie pris dans le bus sur Snapchat juste à côté de vous c’est normal, indiscutablement. C’est plutôt moi du coup qui ne comprend pas ces gens, mon attitude sur le fond est je pense pacifique, dans la mesure où je ne demande rien à personne 95% du temps, les 5% restant commencent par une formule de politesse tout ce qui a de plus normal et finissent par une cordialité parce que je crois avoir été bien éduqué. Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse est une bien jolie phrase qui a toutes ses lettres de noblesse sur papier, c’est dommage, la réalité me prouve l’inverse, mais je suis désormais passé au dessus de ça, j’y fais attention ici parce que je vous en parle sur le blog, mais je ne m’agaçe même plus à exiger des autres un civisme enterré depuis belle lurette.

Ces deux mois de congés m’ont permis d’exprimer intuitivement mon comportement social naturel. Parce que Madame ne fais pas encore partie de ma vie, peut-être un jour si l’occasion se présente, mes activités de jeune campinois de 26 ans sont des plus simples pendant mes périodes de repos, j’essaie d’aller à l’essentiel tout en restant organisé : je sors faire mes petites courses le matin, je cuisine le midi, un peu de ménage, une lessive et du rangement, j’écris ici sur le blog par plaisir, je lis les articles des copains qui me rapprochent de la réalité provinciale, je prépare mon sac de sport et let’s go, le soir un épisode de J’irai Dormir Chez Vous sur Youtube suffira à me faire voyager au bout du monde. La nuit c’est mon pote l’iPod qui m’accompagne sur fond musical ou bien autour d’un podcast dédié au lifehacking dont parlait Didier mais j’ai compris qu’écouter des podcasts la nuit c’est mission vraiment impossible, j’arrive jamais à en écouter ne serait-ce qu’un seul en entier parce que je m’endors avant. Il est pas rare non plus que je réécoute plusieurs soirs d’affilé le même podcast, c’est vous dire que je suis un cas désespérant de persévérance. Je m’applique avec autant de hargne pour le permis.

Vous voyez donc que je tente tant bien que mal de conjuguer à la fois simplicité/praticité/technologie et plaisir sans pour autant faire étalage en public de ce que j’ai, mais plutôt de ce que je suis.

Ici quelque chose m’échappe, les gens n’aiment pas la simplicité, ils préfèrent même de la complexité, chipoter pour des détails et sont toujours à 5 minutes, au taquet du parquet je dirais, préférant courir dans les couloirs de la gare RER de Charles de Gaulle/Etoile un 29 août pour être sûr de ne pas louper le train plutôt que de faire les choses en dehors de toute précipitation. On en arrive en fait à vivre H24 sur des starting-block, à être à l’affût du moindre mouvement humain suspect et à s’interroger sur l’intention de tout individu qui s’approche vers vous.  C’est par exemple flairer l’arnaque à 100 mètres quand le jeune de 18 piges mains dans les poches vous demande si vous avez pas 1€ pour aller bouffer son Tacos alors que vous êtes à peine sorti de la salle de sport et que vous n’avez qu’une envie c’est de rentrer chez vous peinard.

Il y a eu des moments où je me suis dit que c’était moi le problème dans cette société, parce que je rentrais pas dans ce moule, ce moule de l’absurde, un moule dans lequel je me demande ce que je peux bien encore y foutre maintenant que j’ai terminé mes études qui de toute façon ne m’ont jamais entre-ouvert les portes de l’emploi. Pourquoi je suis pas parti comme d’autres l’ont fait bien avant moi est une question qui reste pour moi une énigme sans réponse immédiate. Alors en attendant je continue ma méthode des petits pas qui à défaut de déplaire à Nico pour qui ça ne va pas assez vite à son goût, me permet d’avancer dans mes projets, même s’il faut s’y reprendre à plusieurs reprises.

Quand vous prenez le pli Bornien, vous prenez de la hauteur et ralentissez la machine, vous prenez le temps d’observer, de réfléchir et d’agir en conséquence sans rien attendre en retour de la part de quiconque. On en arrive presque à en créer une philosophie pratique moderne mêlant pédagogie, informatique et savoir-vivre. N’est-ce pas formidable. Ainsi, je crois désormais révolu le temps où j’ai cru pouvoir devenir le nouveau Dwayne Johnson blanc et frimer à bord de mon bolide comme dans Fast & Furious juste en poussant de la fonte comme un lourdeau 7 jours sur 7.

Vous allez rire, dans ma tête l’idéal c’est plutôt le petit monde de Don Camillo, j’en suis arrivé à regarder la semaine dernière La Vache et le Prisonnier avec Fernandel et sans non plus aller jusqu’à dire que c’est une vie rurale de folie, loin de là, il y a une authenticité dans le personnage qui me fait penser que l’on peut-être face caméra et rester vrai parce qu’il y a un naturel qui ne trompe pas, qui ne fait pas mouche.

Hier, c’est-à-dire il y a 2 mois j’avais déjà un peu en tête cette mentalité dont j’ai finalement encore du mal à y mettre tous les mots. Tout ce que je comptais faire, c’était mettre en route du changement sans tergiverser et me poser trop de questions.

Les vacances scolaires m’ont permis pour la première fois d’installer un vrai changement et de nouvelles habitudes de vie dont je ne suis pas près de me séparer, même sous la contrainte, parce que je les crois plus moi, c’est-à-dire un individu qui ne veut pas prendre la vie trop au sérieux mais qui refuse qu’autrui le prenne pour un con.

Bonne rentrée à tous

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3 commentaires sur “Aujourd’hui ne sera pas comme hier et peut-être pas comme demain

  1. Je n’ai pas tout compris dans ta première liste avec des négations qui n’en sont peut être pas….Pas grave
    Nous partageons le goût de l’émission d’Antoine de Maximy, le fait de ne pas pouvoir écouter un podcast au bout, de ne pas supporter l’incivisme dans les transports, de pester sur ces gens qui jettent des détritus partout, etc, …. Et la vache et le prisonnier.
    Né citadin d’une famille à moitié provinciale, initié très tôt à la vie des fermes et des champs, je n’ai finalement pas pu rester à Paris aussi longtemps que je pensais. Et Madame, pur produit de la capitale, est bien contente de découvrir un peu de nature. Donc aujourd’hui n’est pas comme hier et ce que j’imagine pour demain sera différent, probablement.
    Par contre, tu es pile dans la période où il faut profiter, réaliser quelques rêves très personnels, avant que la vie de couple, les enfants empêchent cela. c’est certainement égoïste mais après viennent d’autres rêves communs, tout aussi beau.
    Bon, allez, le permis c’est bientôt, ça va le faire et après c’est parti 😉

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    1. J’ai corrigé, heureusement que tu m’en a parlé là parce que je trustais la première place de truand anti-social qui perd son sang froid 😛
      Je suis pas tellement étonné que nous ayons ces points communs alors que nous avons une génération d’écart qui nous sépare, c’est pour ça qu’on s’entend bien 😀 Et on a d’autres points communs encore (les chats, l’informatique, les jeux vidéo, le hard rock etc).
      Tu as raison sur le fait qu’il faut que je réalise au plus tôt mes projets solo avant d’être embourbé dans une routine familiale qui complique vraiment les choses par la suite. Je peste sur le fait d’avoir un job qui paie pas des masses mais qui me donne énormément de temps libre pour me consacrer à mes projets futurs. Donc je reconnais les avantages et inconvénients d’être ici et ailleurs par intervalle. Je crois aussi au fait qu’il faut être d’abord égoïste pour trouver un équilibre et trouver sa voie. Pour ce qui est des rêves communs… et bien je suis de cette génération qui ne sait pas ce qu’elle veut et qui ne se projette plus dans une vie de couple durable avec enfant, bagnole et maison avec jardin.
      Le permis yes, je rappelle l’auto-école la semaine prochaine pour leur secouer les puces 😉 A+ Didier

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