Rembobinage 2 : la suite du retour

ATTENTION

Cet article fait suite à celui-ci.

L’article du jour touche un point sensible encore frais dans ma tête qui concerne directement ma passion. Ce qu’il faut en retenir de celui-ci c’est que je n’ai pas baissé les bras, je réfléchis par contre à trouver une solution cohérente et rationnelle pour m’y orienter, sans perdre ni gâcher le plaisir de la pratique.


 

Je reviens dans ce second article non pas pour vous jouer de mauvais tours (#teamrocket) mais pour vous évoquer mon projet professionnel, au sein duquel je projetais de faire de ma passion (la muscu) mon métier (coach sportif). Ce projet n’est pas sorti de nulle part, j’avais terminé mes études universitaires, n’ayant pas trop réfléchi à ensuite,  je me retrouvé diplômé mais sans idée, je ne savais pas vraiment quoi faire ensuite, pas de portes grandes ouvertes en sortie de cursus, hormis les concours administratifs classiques que j’ai longtemps vu comme la voie toute tracée vers une vie professionnelle normée qui ne m’enthousiasmait pas plus que cela.

Je pratiquais déjà la muscu depuis plusieurs années, j’avais déjà une bonne expérience dans le domaine ainsi que tout ce qui s’y rapporte de près ou de loin (nutrition, anatomie, santé). Je me suis dit : Pourquoi pas moi ? Passer de l’autre du côté du miroir me semblait une évidence, y avait pas à réfléchir davantage. Avec mon ami Google j’ai pioché les renseignements utiles qu’il me fallait. Le plus simple mais le plus coûteux est d’obtenir le BPJEPS Activités de la Forme. Encore un diplôme tiens, un de plus. 

Mais ça va que je m’étais dis alors : en 10 mois (maintenant 18) c’est in the pocket. Bon OK il va falloir songer à faire un stock de patates, le BPJEPS AF c’est presque 8000€, c’est six fois moins que le prix d’une école de commerce parisienne mais en revanche bien plus cher que le diplôme de moniteur d’auto-école. C’est donc pas rien pour moi qui sort d’une université publique à 400€ l’année.

Flashback

Septembre 2016 : je sortais donc du carcan universitaire, confiant mais sans expérience professionnelle dans mon domaine (4 mois de stage = risible), sans trop savoir quoi faire (déjà surtout pas finir dans un open space avec Outlook en arrière-plan), ni où aller. La muscu faisait déjà depuis longtemps partie de mon quotidien, alors je fonce droit devant vers ce qui me paraît safe et secure : le coaching sportif. 

J’avais pas encore réellement intégré ce détail, mais sortir d’un cursus universitaire avec ou sans mention, ça change rien au fait que si t’as pas d’expérience professionnelle ni de réseau piston tu es au niveau zéro de l’employabilité immédiate.

Après tout, pour ça j’avais pas encore le diplôme mais bel et bien l’expérience personnelle sur laquelle j’étais capable de me vendre auprès de n’importe qui, sans filtre et avec authenticité. Parler de ma passion, conseiller, orienter, proposer des solutions et des alternatives, des idées, des techniques, des adaptations qui pourraient marcher pour telle ou telle personne en fonction de ses contraintes et de ses motivations.

J’étais capable de le devenir. J’en étais convaincu. Mes parents aussi me savaient capables d’y arriver, en dépit du fait que l’on m’ait dit (et je peux comprendre) que t’as fait des études mais que tu ne t’en sers pas. J’ai insisté dans cette voie qui me semblait la mienne, pour vivre ma passion, tout simplement mais en vivre aussi car c’est un secteur qui rémunère correctement en se débrouillant bien.

Mais les choses ne vont pas se dérouler tout à fait comme prévues.

Pour intégrer un BPJEPS au sein d’un centre de formation sportif (UCPA, IMF) il y a un paquet de pré-requis exhaustif : le diplôme du PSC1 (obtenu), les TEP (que j’ai pas passé) puis réussir enfin les tests de sélection de l’école qu’on veut intégrer. Sans compter les entretiens et la recherche d’une structure de stage qui doit se faire avant le début de formation.


Vous aurez compris que pour un diplôme (le BPJEPS AF) il y a toutes ces étapes préalables qui doivent être validées dans l’ordre et dans un temps imparti propre au début de la formation de l’école. L’échec à l’une d’elle et c’est terminé.


Septembre 2017 : je m’inscris en prépa du BPJEPS dans un centre de formation aux métiers du sport à Issy-les-Moulineaux. J’étais allé à une réunion d’information un peu plus tôt dans l’année. Je prenais connaissance du contenu de la formation, ce qui allait justifier que je signe pour 1500€ et 4 mois de formation qui ne garantissaient en rien l’entrée au sein d’une école par la suite. Durant ces 4 mois de prépa je me fais une idée globale du métier et du diplôme. J’y révise quelques bases théoriques grâce à un PowerPoint bancal de 300 pages branché sur un projecteur relié en USB-C sur l’iPhone du formateur, un bricolage comme un autre qui fonctionnait une fois sur quatre, on perdait 30 minutes sur les 4 heures de cours hebdomadaire prévus, mais tant pis on faisait avec. Ce qui m’intéressait le plus avec cette formation c’était préparait aussi physiquement aux Tests d’Exigences Préalables. Le niveau des tests ayant été relevés pour écrémer un peu plus dans la masse, j’ai pu rapidement me rendre compte de mes propres limites physiques. En cela que cette prépa m’aura bien plus appris sur moi-même que sur le diplôme en question. Je ne me suis pas laissé le temps de réfléchir, j’ai travaillé dur jour après jour afin de surmonter les différents obstacles qui m’empechaient de valider les épreuves physiques.

D’un point de vue sportif les 3 épreuves de musculation des TEP sont accessible à n’importe quel pratiquant intermédiaire. Au Développé couché j’étais un peu juste au début de la formation mais j’y suis arrivé ensuite ; les tractions passaient comme une lettre à la Poste, rien d’étonnant au regard de mon poids plume. Le squat m’a posé longtemps soucis, pas assez de souplesse dans les chevilles, ni assez de force dans les quadriceps, je n’arrivais pas à descendre aussi bas qu’exigé (question morphologique peut-être ?). Il y a deux autres épreuves aux TEP : un cours collectif fitness et du Step ainsi que l’épreuve navette du Luc Léger.

Les difficultés ont vraiment commencées pour moi, mais têtu que je suis, j’ai redoublé d’effort pour combler mes lacunes. Je faisais 2-3 cours collectifs tous les soirs du lundi au vendredi (un cours c’est 30 ou 45 minutes). Je m’entraînais environ 1h30 en muscu chaque jour, en plus des sessions organisées par la prépa. J’en étais à 3-4 heures de sport par jour, 8 à 9 repas par jour, une organisation minutée, des journées de dingue entre Issy-les-Moulineaux et Champigny.

Mais là où j’ai fait chou blanc (une expression de chez Christophe) c’est au Luc Léger où il semble que je devais avoir le cul un peu trop lourd, je ne parvenais pas à me synchroniser avec les bip de l’épreuve, j’arrivais toujours trop en avance ou j’étais en retard. J’ai lourdement traîné les pieds à m’entraîner en extérieur, seul avec mes plots. J’ai dû m’entraîner en solo à peine 4 fois en 4 mois, ce qui explique sûrement que je n’ai pas pris la peine d’aller plus loin, c’est-à-dire de m’inscrire au CREPS pour passer les TEP en janvier 2018. Râter une seule épreuve c’est devoir attendre le mois d’après pour ré-essayer, mais c’est surtout tout repasser. Et débourser encore 70€ d’inscription. Les écoles elles ne vous attendent pas et prennent les premiers qui ont validé leurs TEP, bien entendu, mais surtout ceux qui ont les sous-sous ou qui se font financer par Pôle Emploi ou autre.

Je râlais un peu des techniques mafieuses des auto-écoles mais il faut reconnaître que le milieu sportif c’est un barreau supplémentaire sur l’échelle de Picsou.

Mon immersion dans le monde du sport, du coaching sportif en tout cas, s’est arrêté à cette prépa pour le moment. 

Est-ce justifié ?

Aurais-je dû persévérer immédiatement ?

Travailler plus dur encore ?

Demander conseil ?

Je n’en sais rien, j’ai pas de réponse précise.

Un article de blog ne suffirait pas à décrire le ressenti de ce qui était pourtant qu’une simple prépa. Il est paradoxal de se rendre compte après coup que celle-ci aura eu sur moi l’exact effet inverse du but recherché. Le management par la peur et le chacun pour soi auront eu raison de ma volonté… pour le moment.

 

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3 commentaires sur “Rembobinage 2 : la suite du retour

    1. Oui, mais c’est un paradoxe bien de chez nous ça que d’être inflexible à tous les étages, on interdit tout, partout donc à un moment donné ça coince mais lorsqu’on lève le petit doigt on se fait remettre à sa place. C’est plus vraiment une façon de faire qui fait recette au 21e siècle.
      Mais je suis pas en train de dire par contre qu’il faut braver tous les interdits et que chacun doit faire sa popote dans son coin au détriment des autres, en revanche, on peut évoluer vers une prise en compte des compétences et de la cohérence du bonhomme en face pour lui permettre d’accéder à son objectif.
      En l’état actuel des choses, jamais je ne me permettrais de faire du coaching, car ça touche à la santé individuelle, il y a nécessité d’être assuré des deux côtés etc. Prendre le risque de jouer les cadors n’est pas ma façon de faire, et quand je dis que je ferais autrement dans le billet, c’est simplement que j’ai déjà en tête les formations qui m’ouvriront progressivement vers ma voie.
      A+ 😉

      Aimé par 1 personne

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