Les radios associatives

Aujourd’hui, et fait, du hasard, comme Didier, j’ai envie de vous parler de radios alternatives, locales, associatives, souvent bénévoles.

On est à des mégahertz de la radio grand public qui vous envoie du « chez Tati t’as tout » (mes respects au responsable marketing qui a bien fait son job voyez-vous) à tout bout de champ, ni de l’été français d’Indochine en boucle.

Là je vous parle de la petite radio locale sans prétention particulière qui émet à 50 km à la ronde, qui a été créée par des gens qui font avec les moyens du bord (aux plans logistique et financier), qui font cela avec le cœur, l’envie de partager leur passion pour la radio et la diffusion de contenu radiophonique,  des infos du coin qui sont souvent bien plus utiles que celles que l’on entend partout (agenda culturel, foires, fêtes de village, météo locale).

C’est pour moi la preuve que l’on peut conjuguer partage, curiosité et ouverture d’esprit.


Ceci est mon point de vue sur ce qu’est une bonne une radio associative,
mais comme je le dis et le répéterai souvent : cela n’engage que moi.


Dans les médias on entend souvent ces mots fourre-tout de circuit-court, de consommation locale, de localisme, de bio, d’éthique…

On mélange d’ailleurs un peu tout au bout de quelques jours jusqu’à la nausée et qu’au bout de quelques semaines on ne sait plus trop pourquoi on a mis ces mots sur toutes les lèvres. La stratégie ne change pas avec les médias vous l’aurez compris : on parle ou reparle d’un truc tendance qui va susciter l’émotion publique, on en dit tout et son contraire en sollicitant des « experts » et on demande l’avis des gens, des gens bien triés sur le volet qui souvent sont pas au courant de l’affaire ou bien carrément trop sûr d’eux-mêmes, on brouille un peu les pistes en parlant d’autres choses insignifiantes, on y revient vite fait pour faire mine qu’on en a pas fini d’en parler alors que l’on sait très bien que l’on passer à autre chose, parce que l’actualité c’est toujours brûlant.

On finit dans le brouillard, on sait pas trop quoi penser quand on en discute avec les autres, si tant est qu’on en discute, et parfois on a le sentiment de s’être fait balader par des idées reçues toutes faites, du prêt à penser qui n’est en contradiction avec ce que vous ressentez.

Et puis on change de sujet comme si on devait toujours rester dans une sorte de légèreté médiatique, on restera toujours dans un médiatiquement correct pénible qui évite de faire des vagues.

C’est ce qui explique peut-être que certaines mentalités n’évoluent pas aussi vite qu’il le faudrait. Passer du coq à l’âne sans remise en question individuelle c’est tuer l’œuf dans sa coquille. C’est se frotter à un mur.

Avec les radios généralistes les plus écoutées de France (RTL, France Bleu, Europe 1, RMC) on y retrouve ce schéma en filigrane, avec un sensible arrière-goût anxiogène qui m’a fait prendre conscience qu’il fallait que je passe à autre chose.

Pour parler djeunz‘ je me devais de faire une upgrade radiophonique, pour préserver un bien-être intérieur, une sérénité psychologique qui étaient en berne ces derniers temps. Il en faut peu chez moi pour me retrouver à faire un grand 8 émotionnel.

Je me suis d’abord tourné vers la seule radio généraliste régionale publique nationale qu’est France Bleu Champagne-Ardenne pour commencer la transition vers du « plus proche de tes préoccupations réelles quotidiennes ». C’est un peu mieux que ce que j’écoutais, un peu moins alarmiste et moins prise de tête, moins de pub aussi mais la programmation musicale qui reste la même que chez les autres.

J’ai donc creusé, cherché plus loin, limite la radio pirate à l’ancienne je m’en fout dans le fond, limite la radio bricolée dans ton garage en fait ! Le truc un peu bancal, artisanal mais qui fonctionne à peu près pour pas que ça me prenne la tête. Certaines radios bénévoles tombent en rade parfois, on comprend pas trop le schmilblick, mais c’est comme ça.


Mais bon je vais pas tomber dans le cliché mièvre du « DIY technologeek » n’est-ce pas ?


Mais j’en suis arrivé à une conclusion positive me concernant : c’est que je préfère 1000 fois écouter une radio alternative locale qui paie pas de mine, qui casse pas trois pattes à un canard (j’aime les animaux), mais qui a le mérite d’être là, ce qui signifie qu’il y a des gens comme vous et moi qui donnons de notre temps pour les autres, bénévolement et qui n’attendent rien en retour (mais je fais pas encore de radio, je blogue, et j’ai que deux mains aussi)


C‘est cela que je souhaitais mettre en avant : le principe même du « donner sans compter »


Dans le contexte économique et social actuel, c’est loin d’être évident, je dis cela en connaissance de cause, mais ceci n’empêche pas que cette générosité rare et précieuse existe quelque part, pas forcément où on l’attends le plus.

C’est la magie des expériences de la vie.

Je me suis donc dit:

Pourquoi ne pas penser local avec une passion me fait vibrer
quotidiennement les tympans ?

J’ai découvert quelques radios indépendantes  plutôt cool, animées par des bénévoles qui se débrouillent comme des pros, vraiment. J’en reparle prochainement.

Exploiter le potentiel du Web pour partager une passion, voilà peut-être la recette d’un usage intelligent, utile, raisonné d’Internet ? Des passionnés qui jouent dans la cour des grands sans chercher à s’y frotter, dans l’optique de se faire connaître simplement et de bénéficier d’une plus grande écoute peu importe où l’auditeur se trouve dans le monde.

Pour moi c’est juste fantastique, il y a 20 ans ça n’aurait probablement pas été possible avec un modem 56k… Aujourd’hui même avec la 3G/4G en rase campagne on peut s’écouter la radio en Azerbaïdjan !

Celle-ci permet à des inconnus de se faire connaître à l’autre bout du monde, comme à l’époque des radios libres au début des années 80 (NRJ) qui ont été rapidement rachetées par des gens qui ont d’abord envie de se faire du pognon sur vos oreilles avant de vous faire kiffer la radio…


Mais rappelez-vous que cet avis n’engage que celui qui l’écrit.


Ce que j’apprécie, enfin, avec les radios indépendantes de qualité c’est le côté « on fait avec ce que l’on a ».

Mais finalement ce n’est pas une si mauvaise chose, regardez, on prends rapidementses marques, on se rappelle d’autant plus facilement de l’émission qui sera diffusée.

Tel jour, à telle heure, telle émission avec tel(le) animateur / animatrice.

C’est ce qu’autrefois on appelait un rendez-vous avec le public.

Ça fonctionnait il y a 50 ans… certes à grand renfort publicité. Mais bon.

Je suis jeune dans un monde qui pour moi ne parvient pas à se satisfaire des choses simples de la vie ; un monde qui parle d’intelligence artificielle, d’assistant personnel , d’objets connectés , de domotique, de voitures autonomes, de voyages sur Mars.

Je m’interroge sur ce que d’autres personnes veulent pour notre « bonheur« , un mirage pour moi, mais dans tous les cas où il sera fort difficile de faire marche arrière si on trébuche, on en a déjà quelques mauvais retours, bien que là dessus aussi, je tempère mon avis, j’essaie de rester lucide, car on parvient à faire des prouesses dans pleins de domaines. Mais on joue tantôt les Merlin l’Enchanteur comme celui de Kaamelott, tantôt des enfants capricieux qui reçoivent le catalogue de jouets de Noël à la fin du mois d’octobre. On tâte le terrain, c’est humain, mais on l’abîme aussi, l’impact est potentiellement planétaire lui, écologiquement et humainement parlant. On s’adapte, la Nature aussi, toutes les parties prennent cher finalement.


Bref, c’est un tout autre débat.


La radio fait partie de mon quotidien, et je recherche quelque chose qui est proche de l’auditeur.

Je ne vis pas encore (pour le moment) dans cette magnifique région Grand Est, mais en matière de radio locale j’y ai trouvé quelques perles qui vont avoir ici même sur mon blog une mise en avant prochaine bien méritée.

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4 commentaires sur « Les radios associatives »

  1. Créer sa propre radio, j’ai déjà lu des trucs dessus mais je me demande si la Sacem ne peut pas nous taxer encore une fois de plus pour le partage ?
    A mon époque la mode c’était la CB (pas Cyril Borne) mais la CB radio-amateur, une autre époque 🙂
    A pluche.

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    1. Ah c’est le bousin comme dans les films US 😁 à l’ancienne, mais ça se vend encore je viens de voir ! Sinon quand je dis radio, ça peut prendre la forme d’un podcast aussi. Un micro, un sujet et c’est parti. Ce sera pourri comme tout essai mais je pense être capable de le faire en prenant un minimum de temps de préparation.
      La sacem viendrait toquer chez moi si je diffusais de la musique sous licence non libre ou limitée…

      A pluche 👍

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  2. Tu nous en a fait des caisses pour pas un morceau de musique. ..grr.
    J’avais traiter un peu de l’evolution de la radio, du fait que la musique est prémâchée par le marketing et qu’on n’a plus l’animateur qui fait découvrir une passion, a part sur le local.
    Je me souviens club gars sur une radio universitaire dijonnaise qui avait une super émission de hard rock avec les.nouveautés. ..on le connaissait par un forum et le peu de retour et remerciements l’a fait arrêté aussi.
    Sur les radios nationales faut aller a des heures tardives pour trouver quelquechose. Mais là je dors.

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    1. C’est vrai que j’ai pas évoqué la prog musicale parce que la radio locale dont j’ai fait l’article (Bulle FM) mais qui est en attente de publication sur le blog pour l’instant ne diffuse pas de musique indé mais du mainstream. Pour la seconde radio (Cigale FM) il y a de l’ indé et de l’émission spéciale enregistrée en live tard le soir comme t’as connu.

      Après c’est certain qu’attendre de la reconnaissance est compréhensible mais c’est comme ceux qui pensent que travailler dans l’humanitaire n’avait que des vertus.. La réalité rattrape vite la fiction.

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