Se reconstruire après une chute

Peut-être que les 2 lecteurs réguliers auxquels je fais allusion et qui je sais se reconnaîtront auront compris le sens profond de mon article d’aujourd’hui.

Cet écrit traduit ce qu’il m’est arrivé en filigrane et en condensé ces derniers temps.

J’ai fait une mauvaise chute. Y a des bobos.

La pente ne m’a pas semblé si raide que ça au début, et pourtant j’ai fait un bon gros gadin, à la fois sur les plans personnels et professionnels.

Un gadin lent, progressif mais profond. Pour taper plus loin plus bas encore il aurait fallu dépasser le stade de la bêtise, de l’obstination pour aller titiller celle de la connerie mais j’ai préféré m’arrêter avant.

Une expérience de la vie, une épreuve de plus à affronter.

Je suis loin d’être le seul a avoir vécu cela au moins une fois.

Mais beaucoup sont sorti car ils ont cru en la vie, à la préserver, mais aussi parce qu’on vit qu’une seule fois jusqu’à preuve du contraire, il est dommage de tout foutre en l’air, de foutre sa vie en l’air, pour des conneries en plus, à perdre son temps à la gagner.

La santé, la bonne santé n’est pas éternelle non plus, autant la préserver et en profiter tant qu’elle a encore cette saveur naturelle, non édulcorée aux médicaments, non chimiquement atteinte par les travers humains qui parsèment toute vie sur cette Terre.

Aussi parce que l’on ne veut plus faire subir à ceux que l’on aime notre détresse et notre mal-être.

On souffre beaucoup durant cette chute, faut pas se mentir, mais le plus pénible dans tout ça, c’est que l’entourage proche, les gens que l’on aime plus que tout, que l’on ne veut pas faire souffrir, et bien subit un peu voire beaucoup aussi ce qu’on vit.

J’ai vraiment pris conscience que nous avons tous des soucis, des tracas, certains sont mineurs, voire superficiels et absurdes du genre un mauvaise nouvelle le lundi matin, un changement d’habitude… Rien de transcendant ni de problématique.

Mais aussi parfois de vrais problèmes beaucoup plus graves qui impactent directement et durablement votre santé physique, psychologique. Le genre de situation où vous chutez dans les abysses, un cauchemars réel et conscient mais dans lequel vous n’en voyez jamais le bout car il se répète tant et plus que vous le vivez dans d’innombrables situations. L’engrenage est amorcé.

En gros, la transition entre le petit coup de blues et la bonne grosse dépression est violente mais il n’y a pas de demie mesure dans la deuxième situation : la dépression c’est le stade ultime dans lequel vous êtes un zombie mais à demi conscient, vous vous savez vivant et vous sentez jour après jour votre vitalité vous quitter de l’intérieur, avec pertes et fracas inévitablement.

À ce moment là, les options de secours existent, j’en vois deux (faire comme Buzz l’éclair ou décider de vivre tout simplement).

L’option « Buzz l’éclair«  c’est donc aller vers l’infini, mais aussi dans l’au-delà, j’ai pas trouvé la case à cocher pour le retour de ce type de voyage, il est préférable de trouver mieux je pense.

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Comme Buzz et son stique-mou, je suis pas d’accord pour me faire emmerder par des conneries.

Pour la seconde option on décide de mettre les choses à plat, d’analyser ce qu’on est en train de faire et qui nous détruit et bien sûr de se prendre en main, se retrousser les manches, pour remonter cette pente qui finalement était ardue.

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Si j’ai pu monter une pente une fois, je pourrais en monter dix autres.

Je me suis refusé toute aide médicale spécialisée , à fortiori pharmaceutique donc pas de psy ni d’anxiolytique pour des raisons éthiques personnelles. Je n’ai pas l’intuition que la solution puisse venir d’un dialogue avec quelqu’un d’autre que moi même, ni qu’une molécule chimique soit révolutionnaire.


Ceci n'engage que moi.

Bref. J’ai merdé énormément ces derniers mois, depuis fin 2017, j’ ai fait les mauvais choix, j’ai pris les mauvaises décisions, j’ai choisi des raccourcis moisis et douteux qui m’ont donné que des résultats… de merde bien entendu. Pour gagner quoi ? 3 francs 6 sous, ce qui est inutile lorsque l’on veut être un adulte responsable et autonome j’ai troqué mes valeurs et ma santé.

J’ai surtout perdu mon temps au lieu de me donner pour quelqu’un, apporter quelque chose, être et me rendre volontairement utile à la collectivité, à ma mesure bien entendu car j’ai que deux pieds et deux bras comme vous (si vous en avez plus faite moi signe je serais curieux de voir).

Je n’aime pas avoir de regrets, car on ne revient pas en arrière.

Mon papa m’a toujours dit qu’il était mieux d’avoir des remords, cela permet au moins d’avancer et d’apprendre de ses erreurs plutôt que de se lamenter sur son sort sur ce qui n’a pas fonctionné avant.

Je suis entièrement responsable de mes actes, j’assume le fait de m’être mis tout seul dans la merde, et je ne demandais justement à personne de m’aider à m’en sortir, par égocentrisme, par fierté mal placée (d’où mon article sur l’égo).

Sauf qu’à la fin on perd à ce jeu de con.

J’ai joué à l’adulte infantile, j’ai perdu, j’ai dû reconnaître ma défaite en démissionnant il y a 2 semaines d’un boulot de merde sous payé à temps partiel dans une entreprise de nettoyage industriel.

C’était pas pour moi de toute façon, et le pire c’est que je le savais quelque part au fond de moi, mais je me trouvais toujours cette excuse bidon du « en attendant« .

Mais en attendant quoi bordel ? Je ne savais pas. Rien au fond.

Je ne savais juste pas où aller, ni vers quoi, je n’écoutais pas mon intuition, ni mon cœur ni mes envies (que j’ai cité plus haut).

Se mentir pour masquer son manque de confiance en soi m’a été fatal, chercher à se donner une image de soi-même qui n’est justement pas soi, dans une société occidentale humaine qui agit naturellement par intérêt égoïste, parce que tout être humain a peur de mourir, d’être rejeté, de de souffrir.

J’avais pris un billet pour un aller simple vers ma propre perte d’identité.

J’ai décidé d’arrêter les frais et de devenir moi-même. Enfin.

M’écouter moi, sans me comparer aux autres, ni les juger.

Rester simple et accueillir les choses sans chercher à tout contrôler, car seul on ne contrôle que dalle. Chercher à se contrôler est déjà je pense le défi de toute une vie pour un seul homme. Alors chercher à contrôler son environnement c’est humainement pas à envisager.

J’ai perdu mon identité. Depuis combien de temps je suis incapable de savoir exactement. Mais ça à la rigueur me préoccupe pas tant que ça. Ce qui m’importe c’est de comprendre qui je suis maintenant. Me comprendre, et faire usage de mes forces pour aider ceux qui en ont et en auront besoin. Sans rien attendre en retour.

6 mois auparavant je préparais mon BPJEPS de coach sportif en salle de sport et que l’on se retrouve à nettoyer des locaux poubelles (bien qu’il n’y a pas de sot métier qu’on dira mais franchement c’est se mentir à soi même, c’est un boulot de merde, pour tout le monde qui le fait chaque jour, et par obligation parfois), la confiance en soi se dilue au fin fond de l’espace (vous voyez, Buzz l’éclair avait toute sa place dans cet article)

Ceci étant dit, les répercussions sociales et psychologiques ont quand à elles bien plus subtiles à appréhender, véritablement plus nuisibles pour tout le monde.

J’ai décidé d’arrêter les frais et de devenir moi-même.

Jean-Louis Aubert résume bien ce que je pense. Il le dit à mon sens très justement.

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4 commentaires sur “Se reconstruire après une chute

  1. La vie est faite d’erreurs et de réussite et ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Oui, on peut avoir des regrets mais avec des Si…. Alors reconnaître ses erreurs, rebondir, partager, c’est tellement mieux. Welcome IRL !

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, je suis complètement d’accord avec toi Didier, mon papa m’a dit la même chose en plus. Sans ses mots je n’aurais jamais rebondi aujourd’hui.
      J’ai encore quelques peines à reprendre goût aux choses simples mais cela s’améliore petit à petit, lentement mais sûrement, j’en reparle bientôt.

      J'aime

    1. Merci beaucoup pour ton soutien, ce blog et plus particulièrement la petite communauté (toi, Didier et d’autres personnes au fur et à mesure) qui s’intéresse à ce que j’écris contribuez à m’aider à reprendre goût à l’écriture, la lecture, l’envie de partager et de profiter des moments simples de la vie quotidienne.

      C’est pas si compliqué finalement, il s’agit en fait de pas vouloir tout bien faire, tout contrôler ni trop se poser de questions…

      A pluche ! 😊

      J'aime

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