Le verre (français) à moitié vide

On est à la mi avril, il fait un temps estival, beaucoup de gens sont en vacances et/ou en grève donc beaucoup de gens sont amenés à se balader dehors. Et là quel choc ! Les centres villes sont morts, les petits commerces sont fermés. La neige d’il y a 2 mois a sûrement caché les panneaux »bail à céder » qui eux déjà ont largement pris la poussière. Voilà le sujet médiatique tendance en ces jours de vache maigre pour nos journalistes qui aimeraient probablement aussi se dorer la rondelle plutôt que de raconter des vétilles anxiogènes devant un micro dans un studio d’enregistrement sombre et climatisé.

C’est ainsi que l’on préfère largement parler de choses qui fâchent, toujours les mêmes vous remarquerez et comme à peu près tous les ans, plutôt que réfléchir à trouver des solutions adaptées. Il est moins pénible de dénoncer sans agir que de faire un premier pas en silence.

Dans mon pays qu’est la France, ça fait presque 50 ans qu’on a constaté qu’un truc tournait pas rond, ça s’appelle la politique de la ville. On a fait des plans, des acronymes, des machins, des trucs pour montrer qu’on se bouge les fesses pour le mieux-être économique, politique et social.

Bilan 2018 : on ne change rien, sinon les acronymes, et on fait genre on met le paquet, on fait des plans qui vendent du rêve et de l’espoir pour tous ces jeunes au chômage qui ont un talent fou mais oubliés, rejetés, honnis par une majorité méchante et impitoyable.

On dira qu’on est de mauvaise volonté ou que les jeunes sont tous (sans exception… ou presque mais faut les chercher) des petits branleurs en futal en train de dealer.

Je sais aussi faire dans la caricature grotesque.

Revenons sur Terre.

On s’emmerde en France, on en est arrivé à critiquer des trucs critiquables, peut être dans l’espoir que quelqu’un va nous sortir une solution clé en main dans la minute. Un conte de fée en somme, avec des Licornes partout. Dans 50 ans on en reparlera encore.

Celui qui agit c’est celui qui ne parle pas (ça vous rappelle peut être une leçon de morale qu’on vous fait lorsque vous prenez une bière avec vos potes après le boulot)

Je dis pas non plus qu’écrire change grand chose non plus, mais j’ai l’honnêteté d’assumer ici même que mes écrits n’ont pas la moindre prétention de changer quoi que ce soit, je suis pas là pour ça. Je vends pas de rêve, je profite juste d’un support pour écrire ce qui me passe par la tête.

Ce fameux verre à moitié vide, je le vois aussi, souvent même, car il suffit d’un peu de neige, une grève, un soucis de boulot ou avec le voisin pour pleurer dans les chaumières. Je pars du principe que c’est un trait de caractère complétement humain et que le mieux qu’il me reste à faire c’est d’accepter ce qui se passe, de faire le point et de réfléchir dès maintenant à une solution.

C’est là ma manière de fonctionner (c’est mieux quand c’est écrit).

Qui agit de la sorte ? Beaucoup de gens probablement, peut être vous aussi je sais pas, mais personne ou presque autour de vous ne s’en doute ou le remarque puisque vous agissez sans en faire un évènement mondial. Vous aurez peut-être l’impression que personne ne voit que vous remplissez ce verre, mais c’est parce que ces gens là se focalisent d’abord sur le fait qu’il soit encore à moitié vide pour l’instant.

C’est aussi pourquoi j’ai compris qu’il fallait faire les choses pour soi d’abord, si ça peut en faire profiter d’autres c’est tant mieux, mais ce n’est pas ma priorité. C’est un égoïsme pragmatique mais potentiellement bénéfique aux autres. L’intention de départ ne peut pas être mauvaise, à moins d’avoir des idées maso et qu’on aime donc se faire du mal d’abord avant de vouloir en faire aux autres (ça doit exister ce genre d’individus, sans doute…)

Pour en revenir à mes centres villes desertifiés, on parle que des commerces, surtout les petits qui se sont fait niquer par les Carrefour City, Monop’ et autres qui sont les premiers méchants dans l’histoire mais qui rendent bien service quand même quand on a besoin d’eux un samedi soir à 21h parce qu’on reçoit la famille à l’improviste. Les autres méchants sont à 5 km plus loin et s’appellent Carrefour et E. Leclerc qui se mettent des grosses marges en mode méga Centre commercial moins cher que votre primeur du coin au fait, mais avec parking couvert et Wi-Fi illimité gratuit, n’oublions pas.

Ce qui m’attriste finalement c’est qu’on résume la vie urbaine à un comportement exclusif à la consommation. J’ai beau avoir 25 piges, l’âge des excès à outrance il paraît (lu dans le très sérieux Journal du Dimanche), je me rends pas en centre ville pour aller depenser mon SMIC du matin au soir. J’y vais aussi parce que ma salle de sport s’y trouve, parce qu’il y a aussi la médiathèque qui propose des livres et magazines qui ne correspondent pas à mes attentes mais tant pis, j’y vais parce que y a le marché, la pharmacie…

À un moment donné faut ouvrir les yeux, je vais pas passer commande sur Amazon pour enfiler mes chaussures de sport et faire ma séance de musculation. Mais… Je vais peut-être commander ma prochaine BD pour l’avoir dans ma boîte aux lettres le jour de sa sortie alors que mon libraire (le dernier des environs et qui vient de fermer) ne l’aura que dans 3 jours peut être. Y a pas de coïncidence, simplement des circonstances, des réalités anciennes. Résultat du match perdu d’avance depuis 10 ans déjà, au moins : Amazon, la Fnac vainqueurs et c’est mérité.

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